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Visages de la répression kurde

Ce webdocumentaire contient cinq vidéos extraites du film Ez kurdim, documentaire de 57 minutes sur le peuple kurde de Turquie réalisé par Antoine Laurent et et Nicolas Bertrand et produit par Les nouveaux messagers. Pour les voir, cliquer sur la bande noire à droite “en savoir plus”. Pour les masquer, cliquer à nouveau sur la bande noire.
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CREDITS PHOTO

Photos © Antoine Laurent

CREDITS VIDEO

vidéos © Antoine Laurent

Visages de la répression kurde

En 2012, près de 2 500 enfants âgés de 12 à 18 ans (kurdes pour la plupart), sont condamnés par la justice turque pour “appartenance ou soutien à un réseau terroriste”. Durant la même année, 5 000 enfants ont été placés en garde à vue.

L'histoire de Dijvar (à écouter ci-dessous) évoque celle de Sevil Sevimli, étudiante franco-turque de 21 ans arrêtée le 10 mai 2012 en Turquie où elle s'était rendue dans le cadre d'un échange Erasmus. Accusée notamment d'avoir participé à la manifestation du 1er Mai et d'avoir distribué des tracts pour la gratuité de l'enseignement, elle est emprisonnée durant trois mois et encours une peine de trente deux ans de réclusion pour appartenance à une organisation terroriste d'extrême gauche (DHKP-C). Libérée le 6 août 2012 mais interdite de quitter le territoire turc, elle est placée sous contrôle judiciaire.

Autorisée à rentrer en France sous caution (5000 euros) le 20 fervrier 2013, elle est condamneé à 5 ans de prison avec sursit pour « propagande terroriste ». Dijvar lui, avait 15 ans lorsqu'il connut la prison.

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Depuis 2007, outre la répression en Turquie, 256 militants kurdes ont été incarcérés sur le sol français et relachés sous contrôle judiciaire, accusés d'appartenir au PKK.

Le 7 octobre 2011, la France et la Turquie (par l'intermédiaire de Claude Guéant alors ministre de l'intérieur), signent un accord de « coopération de lutte contre le terrorisme ». De nombreux militants kurdes sont alors arrêtés et enfermés dans les prisons françaises.

Le 23 avril 2013, le verdict du procès en appel des 18 militants kurdes et du centre Ahmet Kaya (Paris Xe) accusés de soutien et de financement d'un réseau terroriste s'est traduit par la fermeture du centre et par des condamnations avec sursit pour l'ensemble des accusés.

Ce procès passerait peut-être inaperçu s'il n'y avait eu, à peine trois mois plus tôt, un triple assassinat politique : trois femmes, militantes kurdes, tuées de plusieurs balles dans la tête, en plein Paris, le 9 janvier 2013. Ces femmes étaient Sakine Cansiz, Leyla Saylemez et Fidan Dogan (Rojbin). Dans cette vidéo, Rojbin accueille un militant à sa sortie de prison.

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En 1978, Abdullah Ocalan, leader historique de la cause kurde, fonde le PKK (Parti des travailleurs du Kurditan) dans le village de Fis, non loin de la ville de Diyarbakir, au Sud est de la Turquie. Le 12 septembre 1980, un coup d'Etat militaire est organisé afin de décréter l'état d'urgence.

La junte militaire se fait un devoir de maîtriser toute révolte pour ”le bien de tous et le maintien de la paix nationale”, évitant ainsi la guerre civile. Toutes les voies vers une lutte politique étant interdites, le mouvement kurde sous la direction d'Öcalan s'engage dans la lutte armée en août 1984. Cette lutte armée prend, en 1990, la tournure d’un soulèvement populaire. Pour le contrer, l'Etat engage une vaste politique d'éradication des villages bordant la frontière irakienne, accusés de soutenir la lutte armée. Près de 4000 villages sont alors brûlés.

Dans le village de Fis, Abdullah Apo se souvient :

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Les années 1990 sont des années noires pour la population kurde du Sud-Est de la Turquie.

A la suite du coup d'Etat du 12 septembre 1980, plus de 40 000 Kurdes ont été tués et presque 18 000 sont portés disparus.

Parmi ces personnes, plusieurs milliers de femmes, de jeunes de 15 à 18 ans, de responsables politiques. Tous sont soupsonnés d'avoir un lien direct ou indirect avec le PKK (Parti des Travailleurs du Kurditan), branche armée de la lutte kurde.

Depuis 2004, la Turquie est le pays dont le nombre de condamnation pour non respect de la convention des droits de l'Homme est le plus élevé. A ce jour, la Turquie a été condamnée 2040 fois par la Cour Européenne des Droits de l'Homme.

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Jusqu'à la fin des années 1990, l'expression de la langue kurde est fortement réprimée.

Ainsi, en 1992, Leyla Zana, première députée kurde élue au parlement turc est condamnée à mort pour s'être exprimée dans sa langue d'origine au parlement turc. Pour ce discours elle passera 10 ans en prison de 1992 à 2002. Elle reçoit le prix Sakharov en 1995.

Tous les matins, dans toutes les écoles de Turquie, les enfants du primaire et du lycée se doivent de porter allégeance au drapeau turc : « Aimer ma patrie, plus que je ne m'aime moi-même... Ô Grand Ataturk... heureux qui se dit turc.»

L'apprentissage de la langue kurde est aujourd'hui toléré dans certaines écoles, uniquement dans le cadre de cours optionnels. L'apprentissage et l'enseignement dans la langue maternelle n'est pas institué aujourd'hui en Turquie.

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